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Collaborateur vivant un drame personnel ; comment faire au sein de l’équipe ?

Le plus difficile témoignage qu’il nous a été donné d’entendre lors de nos accompagnements en entreprise fut celui d’un manager d’une équipe de 8 personnes, au sein d’une grosse boîte.
L’une de ses collaboratrices enceintes part en congé maternité comme convenu, 6 semaines avant son terme. Elle revient 4 mois plus tard …. mais sans bébé.

 

Le deuil périnatal est une des situations les plus délicates à gérer quand on parle de parentalité en entreprise. Il en est bien sûr de même pour le décès, l’accident ou la grave maladie d’un parent, conjoint, enfant « né ». Les mots manquent et la frontière entre la vie de bureau et l’intimité est difficile à trouver.

Ce manager en question était absolument désemparé ; les membres de son équipe étaient angoissés, effondrés, inquiets, renfermés … Tous les comportements ont été remarqués.

Comment remettre de l’ordre, du cadre dans tout cela, en restant bienveillant et à l’écoute ? Quelques clés pourront vous aider si vous vous retrouvez dans cette situation :

 

1. Entourez-vous de professionnels

Vous avez déjà beaucoup de choses à gérer dans votre équipe, émotionnellement et professionnellement. Demandez de l’aide à d’autres personnes compétentes pour vous aider, en interne ou en externe de votre entreprise.
RH, Direction, médecins du travail, psychologues, ils sont tous là pour vous épauler et surtout organiser avec vous et votre équipe le retour de la personne affectée. Ils vous donneront un regard extérieur et des clés de communication pour gérer au mieux cette période délicate, et soutiendront également les membres de votre équipe.

 

2. Gardez votre porte grande ouverte …

Que ce soit avec le/la collaborateur/rice en question ou les autres membres de l’équipe, montrez-vous comme ultra disponible. Pas de sujet tabou, vous êtes ouvert à tout discussion, question, réflexion, confidence. D’ailleurs, si vous êtes dans un bureau individuel, gardez votre porte ouverte au sens propre !

 

3. … mais maintenez un cadre

Pour autant, personne ne doit oublier que vous êtes au travail, sur un lieu professionnel. Il est très important que vous mainteniez un cadre durant cette période. Ne bouleversez par l’ordre du jour ni les dossiers en cours, continuez à travailler en équipe comme vous le faisiez avant.
Ce sont autant de choses qui rassureront les uns et les autres.
Le risque dans ce genre de situation est que chacun se laisse aller à l’émotion, que cela nuise à l’efficacité de manière trop délétère, et que les conséquences soient encore pires.
Rapidement et en douceur après le retour du membre concerné, redonnez un rythme à tout le monde et privilégiez les moments de pause pour se laisser un peu plus aller.

 

4. Entretenez-vous avec la personne affectée avant son retour

Dans la mesure du possible, ayez un échange avec lui/elle. Par téléphone, écrit ou autour d’un café ou d’un déjeuner, profitez-en pour lui rappeler tout votre soutien et votre empathie, écoutez-le et assurez-le de l’accueil qui recevra à son retour.
Mais surtout, cernez bien ses besoins, personne de réagit de la même manière face une grosse difficulté et il est primordial de s’accorder avec des désirs à lui/elle.

 

 

5. Ne préjugez de rien

Comme nous venons de le dire, chacun réagira différemment. Laissez de côté vos idées reçus, projections, préjugés. Peut-être aurez-vous affaire avec quelqu’un qui souhaite en parler souvent pour extérioriser, peut-être que ce sera tout le contraire et que sa pudeur prévaudra et qu’il/elle souhaitera la plus grande discrétion. Peut-être même qu’il / elle se replongera dans le travail tour de suite, sans autre question (attention toutefois si il/elle en fait trop, qu’il/elle n’aille pas au burn out …) Il faut à tout prix se mettre à son diapason pour que les choses se passent du mieux possible.
D’où l’importance de tâter le terrain avant le retour, en tête à tête.
Car évidemment, ce positionnement d’ouverture et d’adaptation vaut pour tous les membres de l’équipe.

 

6. Soyez patient et indulgent

Cela prendra quelques temps avant que le rythme et les choses ne redeviennent parfaitement comme avant (si tant est qu’elles le deviennent, ce qui n’est pas du tout acquis). Préparez-vous à des hauts et des bas, à des réactions parfois inattendues de la part de votre collaborateur affecté, une certaine gêne générale peut-être … Le temps fera son œuvre.

 

7. Attention aux mots … Mais pas trop

On l’a vu, la prudence et la délicatesse sont de mise. Attention aux injonctions du genre « passe à autre chose », « plonge-toi dans le boulot », « n’y pense pas », « ça aurait pu être pire » … dans ces cas-là mieux vaut ne rien dire.
En revanche, halte à la culpabilité ! Il y aura des maladresses et des indélicatesses. Si cela arrive, rectifiez le tir, exprimez-le mais n’en faites pas non plus une maladie.
Encore une fois, vous êtes tous sur votre lieu de travail, il faut garder à l’esprit que petit a petit il faut réintégrer de manière « normale » le collaborateur concerné pour qu’il retrouve une place et un rôle qui l’aideront aussi à surmonter cette épreuve.

8. Ne vous oubliez pas trop

Même si ce n’est pas vous qui vivez le drame personnellement, la situation vous touche et c’est normal. Bien sûr il ne s’agit pas de s’effondrer à sa place mais ne refoulez pas vos propres émotions, parlez-en vous-même à votre entourage, extériorisez. Pensez au masque à oxygène en avion : pour bien entourer et soutenir quelqu’un, il faut soi-même être « en sécurité ».
La meilleure des façons que vous aurez de soutenir votre collaborateur est de vous écouter également.