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Parents actifs : et si la performance ne venait pas d’où on l’attend ?

Nous publions cette semaine la contribution que nous avons faite au Hors-Série de My Happy Job, qui s’intitule  » Vous avez dit performance(s) ? » et que vous pouvez télécharger ici !

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« Un parent au travail, c’est le gage d’un salarié non motivé, peu disponible ou flexible, exigeant et désengagé. » Idées reçues encore trop souvent répandues …

Vous n’y croyez pas ? Et bien nous non plus ! Mieux, même : nous sommes persuadées qu’un salarié parent est un vecteur de performance indispensable … mais pas là où on l’attend !

 

Il est désormais admis dans la plupart des entreprises qu’un salarié heureux et épanoui au travail est un salarié « performant » ; on cherche d’ailleurs partout à augmenter son bien-être pour, on l’espère, améliorer sa productivité. Limite du système ? Certainement …

Quoiqu’il en soit et par analogie, un parent heureux et épanoui dans son entreprise serait un salarié parent « performant ». Jusqu’ici, ça se tient.

 

Enfin presque …

Car en disant cela, on instille une fois de plus auprès de ces chers parents l’idée qu’ils DOIVENT « performer », être bons, ou plutôt « très bons » – les meilleurs même. Très honnêtement on vous l’assure, ils n’ont vraiment pas besoin de ça ; les réseaux sociaux, l’entourage, les médias, l’écosystème social dans son ensemble se charge de leur rappeler sans cesse qu’ils peuvent mieux faire.

 

 

Et si la performance des parents actifs venait – en partie – d’ailleurs ?

Par définition, les pères et les mères actifs SONT performants. Rien que parce qu’ils jonglent sans arrêt, qu’ils ont mille choses en tête, qu’ils font en sorte que leurs planètes s’alignent, tout cela avec parfois peu d’heures de sommeil et des imprévus réguliers – pour ne pas dire quotidiens – auxquels faire face.

A vrai dire, un parent est une valeur ajoutée pour l’entreprise grâce à sa fonction même de parent.
… Vous en doutez ?

Jugez plutôt les qualités que l’on peut reconnaître aux pères et mères, par le simple fait qu’ils le sont :

 

Gestion de projet de A à Z : de la conception (plutôt fastoche) à la réalisation (d’ailleurs, on la situe où celle-ci ? A l’accouchement ? Aux 10 ans ? 20 ans ? 50 ans ?), ils savent gérer un projet dans sa globalité, tout organiser pour que les cases se cochent une à une. Parfois pas dans le bon sens, parfois avec certaines réticences, souvent en rusant, mais l’important c’est qu’au final ils y arrivent, et dans le temps imparti en plus ! Temps souvent précieux, dont la valeur leur est bien connue.

 

Capacité d’écoute : petits ou gros problèmes, peines, joies, échecs, réussites, ils peuvent (presque) tout entendre. Ils apprennent la patience avec des êtres qui savent parfaitement l’user, ils essayent de répondre avec bienveillance aux sollicitations permanentes de petites personnes qui repoussent facilement les limites … en bref, l’écoute active et la recherche de solutions, ils maîtrisent !

 

Adaptabilité aux personnes : ils connaissent chacun de leurs enfants sur le bout des doigts, ils savent tout d’eux, ils savent même exactement comment ils vont réagir à chaque situation. Du coup, ils s’adaptent. Toujours, tout le temps, partout. Que ce soit pour éviter une réaction explosive du petit dernier, des reproches de l’aîné, ou tout simplement pour les voir bien dans leurs baskets, ils s’adaptent.

 

Adaptabilité aux situations : 8h07. Il faut partir à 8h08 (à force il l’a étudié le timing parfait du matin, le parent !) pour emmener tout le monde, avant de commencer sa deuxième journée au boulot, à 9h. Il est laaarge !
Puis Clara a soif ; elle boit. Évidemment, la bouteille entière se renverse sur sa chemise. C’est le jour de la photo de classe (on ne peut donc pas lui mettre le premier haut qui traîne parce qu’ensuite « ce-sera-immortalisé-pour-toute-la-vie »). A 8h35, les portes de l’école se ferment. A 9h00, son boss l’attend dans son bureau pour son entretien annuel.
On continue ou on est d’accord sur l’adaptabilité aux situations ?!

 

Négociation : autant vous dire que négocier avec un enfant de 5 ans pour qu’il mette un pull parce qu’il fait -2°C dehors alors qu’il veut mettre son t-shirt préféré, est digne des plus délicates gestions de crise et des CODIR les plus tendus …!

 

Gestionnaire de projet efficace, à l’écoute, très adaptable, fin négociateur … ne serait-ce pas ça un salarié « performant » ? En réalité, un candidat parent pourrait quasiment demander une VAE à chaque réponse d’offre !

 

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La performance ne se mesure pas qu’à travers des chiffres, elle ne vient pas toujours d’où on l’attend, elle ne répond pas toujours aux critères qu’on imagine …

Ouvrons nos yeux, nos oreilles, notre esprit, allons chercher un peu plus loin ; la performance vient aussi et surtout de l’expérience. L’expérience, quant à elle, ne vient pas uniquement de la sphère académique et professionnelle ; elle vient de la vie, avant tout.